Mémoire de pierre --- 3ème prix 2014

Imprimer

En suivant le sentier à moitié enfoui

Sous les herbes folles

Un matin de plein soleil,

À l'écoute du babil d'une rivière secrète,

On finit par buter sur une lourde pierre

Calée entre deux massifs de cytise,

Surgis de l'eau transparente.

 

Que voit-on dans les reflets du courant ?

Ni nymphes, ni Narcisse mais les visages

Rieurs de nos grands-mères occupées

À plonger leurs draps, à les frapper de leurs battoirs

Pour les rendre à leur virginité

Avant de les étendre sur les buissons voisins.

 

Pendant ce temps, le soleil baissait. Prêtant l'oreille aux histoires de femmes,

Il finissait par rougir, comme aujourd'hui

Où la rivière chante toujours,

Où deux cygnes, noir et blanc

Meublent la solitude du lavoir

Réduit à suggérer les jours enfuis.

 

 

Christiane HARTWEG

de Paris (75)

concours de l’Arthonnaysienne sur le thème des Lavoirs