Lecture

Secrètement --- Classé 4° en 2014

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J’en ai entendu des histoires de bonnes femmes :

Chaque semaine, depuis des siècles, l’eau jaillissait en mon sein,

Permettait à ces dames de noyer leur peine, tout en magnifiant le trousseau vieillissant.
Des vies entières ont été blanchies dans mon flanc,

Sans que jamais, je ne trahisse nulle confession.

Des harpies venaient créer bien des aberrations,

Envers quelques pauvres lavandières qui craignaient le scandale. 

Souvent la joie régnait, des rires suintent encore de mes dalles :

Des souvenirs de marmots riant et jouant,

Des femmes appréciant la joie de leurs enfants
Des feux pour attiser leur bonheur

Et sécher leur labeur. 

Puis un jour plus rien : que le froid et le néant !

Pourquoi cet abandon ? Sans doute, le progrès qui isole, et protège, des mégères,

Mes chères lavandières.

Parfois, le rire des enfants s'arrosant par la chaleur
Vient me sortir de ma torpeur.
 

Venez, mes belles, apprécier le calme et la sérénité.
Seul le clapotis de l'eau

Peut apaiser tous vos maux.

La fraîcheur de mes pavés,

Vous laissera rêver, tout comme moi, à nos chers secrets.

 

Emilie DEPESER-LOMBARD

d’Arthonnay (89)

concours de l’Arthonnaysienne sur le thème des Lavoirs

 

Renouveau --- Classé 4ème en 2014

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Je me présente, je suis un très vieux lavoir,

Depuis des lustres je monte la garde au bord de la rivière.

Si vous le voulez bien, je vais vous conter mon histoire,

Et croyez-moi, elle ne date pas d'hier. 

Il y a bien des années que j'ai été construit,

Avec de grosses pierres et beaucoup de bonne volonté,

Des ouvriers ont travaillé ici des jours et des nuits,

Pour enfin obtenir un ouvrage de bonne qualité. 

Mes murs ont longtemps résonné

Des rires des nombreuses lavandières

Qui venaient sur mes larges pierres

A grande eau leur linge laver. 

Mais petit à petit tout cela a cessé,

De moins en moins j'ai été utilisé.

De mes murs de nombreuses pierres sont tombées,

De mon toit de nombreuses tuiles se sont envolées. 

Après l'heure de gloire vint l'heure de l'oubli.

Je n'étais plus utile qu'aux oiseaux,

Mon toit n'abritait plus que des nids.

Les hommes n'avaient plus besoin de mon eau. 

Alors, découragé, je m'apprêtais à déclarer forfait

Et à laisser mes murs s'écrouler tout à fait,

Lorsqu'une rencontre fortuite et providentielle

Suffit à me rendre à nouveau la vie belle. 

Un amoureux des vieilles pierres vint à passer,

Et me voyant fatigué, décida de me restaurer.

Et croyez-moi si vous le voulez,

Les souvenirs de beaucoup ont avec moi été restaurés.

 

Marie-Noëlle ANDRE

de Charrey (21)

concours de l’Arthonnaysienne sur le thème des Lavoirs

   

COMME UN MIROIR.. --- classé 4ème en 2014

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Pourquoi sont-ils sortis de nos mémoires
Ces vieux lavoirs

Où s'en allaient naguère les lavandières

Taper le linge de leur battoir ? …

Les laveuses chargeaient sur leur frêle brouette
Draps, torchons, liquettes et serviettes,
Allant s'agenouiller dessus leur triolot,

Par n'importe quel temps, en été, en hiver,
Ignorant que plus tard, après le lavabo

Viendrait une machine et tous ses accessoires...

Oui, mais voilà, c'était hier !

Aujourd'hui, plus de chants, de cris, de commérages,
Comme si tout cela provenait d'un autre âge...

 

Presque chaque village possède son lavoir

Plus ou moins bien entretenu.

Certes, plusieurs ont survécu,

Qui peuvent pour les fleurs servir de présentoir.

Mais, hélas, trop souvent, finissent en dépotoir !

Pourtant, vestiges de notre vécu,

Comment les jeunes pourraient-ils croire,

En voyant des murs lépreux, des toits nus

Une eau glauque, fétide et moussue,

Que ces ruines, aujourd'hui méconnues,

Reflètent, comme un miroir,

Une partie de notre histoire ?

 

Alain VILLAIN

des Riceys (10)

concours de l’Arthonnaysienne sur le thème des Lavoirs

   

JEU-CONCOURS DE POESIE 2014

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                                                                                             organisé par l’association l’Arthonnaysienne

sur le thème des Lavoirs :

 «  Univers conviviaux à jamais endormis,

les Lavoirs, joyaux de notre patrimoine,

ne sont plus que lieux de nostalgie et de rêverie. »

 REGLEMENT

Article 1 : Le présent concours est ouvert à tous les poètes francophones, excepté ceux primés en 2013 par l’Arthonnaysienne. Toutes les formes poétiques sont admises.

Article 2 : Les textes comporteront au maximum 30 lignes (non éditées et non primées dans d’autres concours) et seront dactylographiés sur une page au format A4.

Article 3 : Chaque concurrent ne pourra adresser que deux textes au maximum. Chaque texte comportera en haut à gauche un code confidentiel de trois lettres majuscules suivies de trois chiffres, afin de garantir l’anonymat.

Article 4 : Ce ou ces codes seront reportés sur l’extérieur d’une petite enveloppe renfermant une feuille d’identification comportant les titres des poèmes et leur code respectif, l’identité, l’adresse et le téléphone de l’auteur et si possible une adresse mail.

Article 5 : Les poèmes doivent être adressés dans une enveloppe plus grande, sans indication du nom de l’expéditeur, à :       L’Arthonnaysienne,  44 Grande Rue, 89740 ARTHONNAY,

accompagnés d’un chèque de 10 € à l’ordre de l’Arthonnaysienne, placé dans la petite enveloppe fermée prévue à l’article précédent. Cette participation est destinée à couvrir les frais d’organisation (remise des prix et diplômes, photocopies, secrétariat, frais d’envois).

Article 6 : La date limite de prise en compte des textes reçus est fixée au 16 avril 2014.

Article 7 : L’envoi de textes implique l'acceptation du présent règlement et des décisions du jury. Celles-ci seront sans appel.

Article 8 : Le jury retiendra cinq poèmes, distinguera et classera parmi eux les trois qui lui paraîtront les meilleurs.

Article 9 : Les participants seront avertis des résultats par les soins de l'association. Les résultats seront proclamés lors de l’inauguration du Mai culturel à Arthonnay, village du plateau tonnerrois (Yonne) à 15 heures le jeudi 29 mai 2014.

Article 10 : La participation au concours vaut autorisation tacite de reproduction des textes lors du Mai culturel (affichage, lecture publique), éventuellement dans un recueil, dans la presse régionale et sur le site Internet de l'association www.larthonnaysienne.com

Article 11 : Chacun des poètes retenus se verra remettre un diplôme. Le lauréat classé premier recevra 70 €, le deuxième 50 €, le troisième 30 €.

Un poète ayant adressé deux poèmes ne pourra recevoir deux prix en espèces.

                                      

AVIS AUX PHOTOGRAPHES

si le thème des Lavoirs vous inspire, proposez vos photos de lavoirs de Bourgogne-Champagne ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ) elles seront exposées pour le plaisir des visiteurs durant le prochain Mai Culturel, du 29 mai au 1er juin 2014.

   

LE POETE ET LA CHENILLE --- 1er prix 2013

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Projetée sur le papier

par un vent léger,

une chenille arpenteuse

joue les promeneuses.

 

" Elle progresse plus vite que ma pensée

maugrée le poète attristé,

cette diablesse avec ses ondulations,

retient mon attention

et ruine mon inspiration. " 

 

Dans les contorsions du petit vers nu

la langue des signes il reconnut

et en comprit le contenu :

 

" Je renais en beauté,

et en papillon suis transformée !

Adieu, je vais voler. "

disait la gracieuse

toute heureuse.

 

Avec un battement d'ailes vigoureux

l'insecte disparut à ses yeux

dans le bec d'un corbeau freux...

 

Enfin inspiré par ce cruel drame,

le poète écrivit cette épigramme :

 

" Tant de mal pour renaître

et sitôt disparaître... "

 

Dominique LUCET

de Montereau-Fault-Yonne (77)

concours de l'Arthonnaysienne sur le thème de la Renaissance

   

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