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Le temps d'avant --- Classé 4° en 2015

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C'était en mai, le temps d'avant,

De jadis ou bien de naguère,

Je ne puis, étant peu savant

- A peine tant que ce n'est guère –

Dire si c'était avant guerre,

Pourtant je m'en parle souvent.

 

En ce temps-là donc, vous disais-je,

On m'accordait l'air avenant.

Même les filles du collège

Que je croisais, se promenant,

Le proclamaient à tout venant,

Me ravissant de leurs arpèges.

 

Si peu de temps pour tant d'amours !

Ce temps d'avant qui, goutte à goutte,

S'enfuit au robinet des jours,

Chacun le sait qu'il nous filoute

Mais il fut important sans doute

Pour qu'on le regrette toujours.

 

Du temps venu qui te fit belle,

Puis te défit, me contristant,

Que reste-t-il, ô ma rebelle ?

De ce temps vendeur d'orviétan

Rien ne demeure en cet instant

Que cette vaine ritournelle.

 

 

Guy VIEILFAUT

de Croissy-Beaubourg (77)

concours de l’Arthonnaysienne sur le thème du Mois de Mai

 

 

En Mai, fais ce qu'il te plaît, mais... --- Classé 5° en 2015

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Le voilà revenu, le joli mois de Mai !

Il peut nous étonner, nous charmer, nous surprendre,

Commencer comme un lion, dans un regain d'hiver,

Et faire geler sur pied les fragiles primevères pour finir comme un mouton

Flottant dans les entêtantes vapeurs printanières des lilas

Qui ornaient les Reposoirs...

 

Certes ! Il y a bien encore quelques bourdons

Qui traversent les averses

Mais on n'y fait plus attention…

On n'entend que les tourterelles et les pigeons qui roucoulent,

Les oisillons qui chantent dans leurs nids,

Les pies, en demi-deuil, qui jacassent à l’envi

Avec les merles au bec d'or

Et les merlettes en livrée de soie grise

Fêtant ainsi les beaux jours revenus.

Mais avant de se réjouir de l'été qui approche

Il faut quand même attendre que Mamers,

Pancrace et Servais aient laissé derrière eux

Leurs saints patrons de glace...

Et que la fête des Mères soit passée

Ce qui peut nous mener, comme cette année, jusqu'à la Trinité...

 

Sans compter que ce mois a un charme de plus

L'anagramme de son nom, ma foi, est fort joli !

Puisque de ce mois-ci on peut faire un AMI....

 

 

Janine LOMBARD

de Darois (21)

concours de l’Arthonnaysienne sur le thème du Mois de Mai

   

Lavoir d'antan --- 1er prix 2014

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Le vieux lavoir fleurit

de pensées, de soucis,

corolles familières,

remplaçant l'eau d'hier.

 

Il abrite au matin,

le cri des hirondelles

et des jeux enfantins

au creux de sa margelle.

Combien de jours volages

de voix folles ou sages

ont choisi d'outres sources ?

Autres temps autres courses.

Choc des battoirs sonores,

sur l'eau les éclairs d'or,

entre mains et bras blancs,

regrets des anciens temps !!!

 

Il est toujours le même,

mais de ses pierres grises,

le cœur lourd, il méprise

ces jours qui le dédaignent

en l'habillant de fleurs,

pour un passé qui meurt.

 

 

Nicole ROBERT

de Varennes-sur-Allier (03)

concours de l’Arthonnaysienne sur le thème des Lavoirs

   

Le lavoir --- 2ème prix 2014

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Le lavoir est calme et silencieux

L'eau claire reflète les nuages

Le bruit des vaguelettes anime ces lieux

Arrête, écoute, ils ont une âme.

La vie s'en est allée au gré du temps

Avec les mots et les visages

Qui s'envolaient sur l'aile du vent

Jusqu'au clocher de nos villages.

Je me souviens des lavandières

De leurs brouettes, de leurs battoirs

Du linge bouilli dans la chaudière

Pour terminer dans le lavoir.

Que de paroles, que de rires

Résonnent encore entre ces pierres

Chargées d'histoire, de souvenirs

Semblent flotter encore dans l'air.

Sur le chemin du temps qui passe

Le lavoir s'est endormi

Son histoire nous laisse une trace

De nos aïeux qui sont partis.

 

 

Pierre BRIGANDAT

de Channes (10)

concours de l’Arthonnaysienne sur le thème des Lavoirs

   

Mémoire de pierre --- 3ème prix 2014

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En suivant le sentier à moitié enfoui

Sous les herbes folles

Un matin de plein soleil,

À l'écoute du babil d'une rivière secrète,

On finit par buter sur une lourde pierre

Calée entre deux massifs de cytise,

Surgis de l'eau transparente.

 

Que voit-on dans les reflets du courant ?

Ni nymphes, ni Narcisse mais les visages

Rieurs de nos grands-mères occupées

À plonger leurs draps, à les frapper de leurs battoirs

Pour les rendre à leur virginité

Avant de les étendre sur les buissons voisins.

 

Pendant ce temps, le soleil baissait. Prêtant l'oreille aux histoires de femmes,

Il finissait par rougir, comme aujourd'hui

Où la rivière chante toujours,

Où deux cygnes, noir et blanc

Meublent la solitude du lavoir

Réduit à suggérer les jours enfuis.

 

 

Christiane HARTWEG

de Paris (75)

concours de l’Arthonnaysienne sur le thème des Lavoirs

   

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